Ruine Retrouvée

Ruine Retrouvée, 2016, projet Reconstruire des Ruines
pierre détachée et redressée, 66.8 x 41 x 31 cm, Belle-Île-en-Mer
Vidéo : 11’00”
Film : Zhao Fei
Post-production : Pan Xiangrong, Hu Jiaxing
Photo: Hu Jiaxing, Zhao Fei

 

Le Néolithique initial de la péninsule bretonne est marqué par la présence de groupes humains qui érigent des blocs pour déterminer des files de pierres dressées dont la finalité est encore discutée mais où tous les chercheurs sont d’accord pour dire que ce sont des monuments à vocation symbolique, qu’ils sont liés à une mise en scène de territoires particuliers dédiés aux morts, à des rites symboliques, ou encore à un ensemble architectural[1]. En Belle-Île-en-Mer, les monuments néolithiques en pierre sont présentés comme au continent, sauf que les menhirs sont beaucoup moins nombreux, il n’en reste que les menhirs de Jean et Jeanne, et la Pierre Sainte Anne, cela tient sans doute à la destruction de ces monuments lors de périodes anciennes ou tardives (néolithique, gallo-romaine, médiévale et moderne)[2]. Les sépultures mégalithiques classiques y manquent aussi, ce fait peut être dû à un particularisme insulaire dans le funéraire[3].

Les menhirs se rencontrent de façon générale un peu partout en Afrique, Asie et Europe, mais c’est en Europe de l’Ouest qu’ils sont le plus répandus. Ces pierres dressées nous évoquent aux stèles, est-ce que le menhir est une forme de stèle sans inscription ou l’ancêtre de stèle? Pourquoi le peuple néolithique en Europe de l’Ouest privilégiait cette construction symbolique lourde et silencieuse? Poussé par ces questions, l’artiste cherche à rendre visite aux sites de menhirs (détruits), et construit in situ lui-même un menhir avec une pierre locale, puis le dresse à un site néolithique où le menhir réel était disparu. L’oeuvre est de reconstruire une ruine et de créer la réminiscence d’un lieu par un acte de création artistique.

 

Notes :
[1]L. AUDOUARD, J.-M. LARGE, « Les îles de Belle-île, Houat et Hoedic en sud Bretagne (France) : Quel(s) particularisme(s) insulaire(s) peut-on déceler dans les sites, de la fin du mésolithique à la fin du néolithique (5500-3300 av. J.-c.) ? », in Anciens peuplements littoraux et relations Homme/Milieu sur les côtes de l’Europe atlantique,  BAR International Series 2570 2013.
[2] L. AUDOUARD, J.-M. LARGE, « Les îles de Belle-île, Houat et Hoedic en sud Bretagne (France) : Quel(s) particularisme(s) insulaire(s) peut-on déceler dans les sites, de la fin du mésolithique à la fin du néolithique (5500-3300 av. J.-c.) ? », op. cit.
[3] M. BATT, O. KAYSER, « Prospection archéologique de Belle-ile-en-Mer(Morbihan) », Bulletin de l’A.M.A.R.A.I., n°2, 1989.