Reconstruire des ruines

Reconstruire des ruines

Ruine retrouvée, projet Reconstruire des ruines, 2016
Pierre dressée sur le site néolithique Pierre branlante de Moulin Gouch, Belle-Île-en-Mer
Tirage Epson P20 000 sur Museum Arches 315g, 80 × 53,4 cm

 

Belle-Île-en-Mer est une île française de l’océan Atlantique située à 14 km au sud de Quiberon, dans le sud de la Bretagne. Mesurant 85 km2, elle forme un vaste plateau, dominant la mer d’une altitude moyenne de 40 mètres, entaillé par de nombreux petits vallons encaissés qui débouchent sur des ports ou des plages. Les roches de l’île sont la partie émergée d’un ensemble volcano-sédimentaire[1] constituant une partie du plateau continental sud-armoricain. La côte de l’île constituée d’une roche friable, subit une érosion intense de la mer, il en résulte une côte très découpée, composée en majorité de falaises. Cette plus grande des îles bretonnes est en effet un territoire relativement méconnu de la recherche archéologique. Les premières recherches sur le Mésolithique de Belle-Île-en-Mer ont été effectuées en 1988 et 1989 (Batt et Kayser, 1989 ; Kayser, 1989)[2], les prospections menées depuis plusieurs années maintenant par Gérald Musch ont permis la reconnaissance de plus de 72 sites, du Mésolithique ancien à l’Âge du Bronze[3]. Belle-Île s’est séparée du continent vers 7500 av. J.-C.[4], lors des périodes sans écriture, nous ne disposons que d’éléments matériels conservés, deux catégories peuvent être prise en compte : les structures architecturales conservées et les objets du quotidien ou culturel fait de matières non putrescibles[5]. Selon les recherches archéologiques, il est posé l’hypothèse de la sédentarité des groupes mésolithiques tardifs du littoral sud-breton en fonction de la pérennité de l’utilisation des nécropoles.

Carte de répartition des sites pré et protohistoriques à Belle-Île-en-Mer (DAO L. Quesnel, complété par L. Audouard.)
Carte de répartition des sites pré et protohistoriques à Belle-Île-en-Mer (DAO L. Quesnel, complété par L. Audouard.)
Les sites : 1. Pointe des Poulains, lieu de création de Zhao Fei, Energy Debate 5. Menhir Jean 6. Menhir Jeanne 15. La Pierre Sainte Anne 34. Lieu du vestige Kervilahouen, où l’artiste Tang Kun réalise L’Hétérotopie de crise II 41. Pierre branlante de Moulin Gouch (disparue), où est dressée une pierre par l’artiste Hu Jiaxing, Ruine retrouvée.

 

Menhirs Jean et Jeanne en Belle-île-en-Mer_72

Une ancienne carte postale montrant les menhirs Jean et Jeanne en Belle-Île-en-Mer.

Ce projet de création artistique, intitulé Reconstruire des ruines, est basé sur la spécificité géographique et la situation actuelle archéologique de Belle-île- en-Mer, il sera effectué in situ en île du 25 au 29 décembre 2016, par trois artistes-chercheurs HU Jiaxing, ZHAO Fei et TANG Kun. Chacun conçoit un acte de création à partir de la notion de « ruine », notamment autour de la condition littorale de Belle-île-en-Mer. Le processus de création — recherche, discussion, exécution, documentation, etc. — est considéré comme l’oeuvre principale, il sera donc documenté de manière complète, en ce sens, les artefacts exposés — photos, vidéos, objets, installations — ne sont que des traces, voire des ruines de l’oeuvre.

 

貝勒島 (Belle-île-en-Mer)是一個位於法國西部布列塔尼地區的大西洋海島,距離 大陸十四公里,面積為85平方公里,平均海拔為40米,狀如一艘大船,眾多峽谷形 成大大小小的港口和海灘。海島的大陸架連接著法國西部南阿爾摩里卡大陸板塊,為火山沉積岩[1] 。海島的岩石骨架因而質地鬆脆,在長期的海洋侵蝕中形成大面積的 聳立的斷崖。這個布列塔尼最大的海島長期處於考古研究的邊緣地帶,第一次對貝勒 島的中石器時期考古工作分別在1988年和1989年展開(Batt et Kayser, 1989 ; Kayser, 1989)[2],近年來考古專家Gérald Musch帶領的發掘工作讓我們得以確認 該島嶼上至少72處從前中石器時代到銅器時代的遺址[3]。 貝勒島大約在公元前7500 年與大陸分離[4],在沒有文 的時代,考古學者們只能根據兩類材料進行研究:殘 的建築結構,以及使用抗腐蝕材料製成的生活物品[5]。由於發現史前墓地的遺 跡,考古界推測該海島在中石器晚期就有人類定居了[6]。
「重建廢墟」計劃的構思基於貝勒島的地理特征和考古現狀,由三位研究員藝術家胡嘉興、趙斐和唐坤在2016年十二月25日至29日在海島就地創作。每個人從「廢墟」 的概念出發,結合海島的特殊性,構思和實踐一個創作行動。創作的過程,包括調 研、討論、實施和文獻等,是作品的主體部分,因而,展示出來的物件,如照片、視 頻或裝置等,乃是創作的痕跡,某種程度上來說,是作品的「廢墟」。

 

Notes :
[1] C. AUDREN, « Belle-Île, un édifice volcanique rescapé des bouleversements de la chaîne hercynienne », Penn ar Bed, n°176/177, 2000, p. 3-12.
[2] L. AUDOUARD, et al., « Belle-île-en-Mer du Mésolithique à l’Âge du Bronze : émergence d’une nouvelle dynamique de recherche », Bulletin de l’A.M.A.R.A.I., n°23, 2010, p. 17-36.
[3] Ibid.
[4] L. AUDOUARD, J.-M. LARGE, « Les îles de Belle-île, Houat et Hoedic en sud Bretagne (France) : Quel(s) particularisme(s) insulaire(s) peut-on déceler dans les sites, de la fin du mésolithique à la fin du néolithique (5500-3300 av. J.-c.) ? », in Anciens peuplements littoraux et relations Homme/Milieu sur les côtes de l’Europe atlantique, BAR International Series 2570 2013.
[5] Ibid.
[6] Ibid.
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